Sept tempêtes.Une seule courbe.

Cinquante-six ans de marchés, crise par crise. Touchez une année pour y aller directement — ou descendez, et l'histoire se raconte d'elle-même.

À titre informatif et éducatif seulement. Cette page ne constitue pas un conseil en placement, ni une recommandation d'acheter, de vendre ou de conserver un titre, ni une incitation à adopter une stratégie. Les rendements passés ne sont pas garants des rendements futurs. Illustration hypothétique fondée sur la série du rendement total de l'indice S&P 500 (dividendes réinvestis, en dollars américains), avant frais, impôts, conversion de devise et inflation — l'effet de cette dernière est chiffré sous le montant final. Il est impossible d'investir directement dans un indice, et aucun portefeuille réel n'aurait suivi ce parcours.

10 000 $ US placés en 1970
10 000$ US
1970 ×1
Croissance
Fenêtre : 1970 – 2026 · cliquez sur la courbe pour vous y rendre
S&P 500, rendement total en $ US (dividendes réinvestis), avant frais, impôts et inflation. Il est impossible d'investir directement dans un indice.
Les 57 années en tableau

* 2026 est une année en cours : le rendement va du 31 décembre 2025 au 31 juillet 2026, et la valeur est celle du 5 août 2026.

Rendement total annuel et valeur du placement à la fin de chaque année ($ US).
AnnéeRendementValeur
Octobre 1973Choc pétrolier · 1973 – 1974
Des voitures des années 1970 attendent sous la marquise d'une station-service. Au premier plan, un écriteau sur pied porte un dessin et les mots « Is your number even today? ».
Le rationnement pair-impair : on ne fait le plein que si le dernier chiffre de la plaque correspond au jour. Portland, hiver 1973-1974. Photo : David Falconer, « Oregon's odd-even plan… », programme DOCUMERICA de l'U.S. EPA — source · domaine public · recadrée

Le baril quadruple

Un embargo pétrolier, des prix qui s'emballent, une économie qui cale. Un mot entre alors dans le vocabulaire courant : la stagflation.

Le placement, pendant la chute
Le placement recule de 44 % dividendes inclus ; l'indice seul, lui, perd 48,2 % et mettra 7,5 ans à revenir. La courbe, dividendes réinvestis, y parvient dès l'automne 1976.
01 2,90 $ 11,65 $ le baril, en trois mois après l'embargo
02 +20,1 % l'épicerie américaine sur un an, fin 1973
03 Les taux montent pour freiner l'inflation — emprunter coûte plus cher, l'économie ralentit
04 La Bourse décroche moins de profits attendus, et on paie moins cher chaque dollar de profit
L'emploi, l'épicerie, l'emprunt
Le chômage, É.-U. 9,0 % avant : 4,6 % oct. 1973 → mai 1975
L'épicerie, É.-U. +20,1 % avant : quelques % sur 12 mois, fin 1973
L'hypothèque 30 ans, É.-U. 9,19 % avant : ~7,5 % 1971 → 1974 · un taux fixe sur 30 ans, un produit qui n'existe pas au Canada

Combien de temps avant que l'indice — sans les dividendes — retrouve son sommet de janvier 1973 ?

Une chute de 48 %, ce n'est pas de l'argent qui disparaît. Les parts d'entreprises, elles, n'ont pas changé de mains ; seul a changé le prix qu'on en offre aujourd'hui. Vendre, c'est accepter ce prix-là.

19 octobre 1987Lundi noir · une seule séance
Vue plongeante sur un parquet de bourse. Un homme en bras de chemise passe le bras autour des épaules d'un collègue ; d'autres opérateurs consultent des papiers près d'un poste téléphonique.
Deux jours après le krach : un opérateur en console un autre. Bourse d'Amsterdam — aucune image libre du parquet de New York n'existe pour 1987. Photo : Bart Molendijk (Anefo), « Effectenbeurs Amsterdam na koersval », 21 octobre 1987, Nationaal Archief — source · CC0 · recadrée

Le jour où rien n'est arrivé

Ni guerre, ni récession, ni faillite. Un cinquième du marché s'évapore quand même, en une seule séance.

Le placement, pendant la chute
En une seule séance, le 19 octobre, l'indice perd 20,47 % — et du sommet d'août au creux de décembre, environ le tiers. Le fameux −22,6 % qui circule est celui du Dow Jones, pas du S&P 500.
01 Cinq ans de hausse le marché est cher et nerveux ; tout le monde a des gains à protéger
02 Des machines vendent des programmes d'« assurance de portefeuille » vendent seuls dès que ça baisse
03 La boucle s'emballe chaque vente en déclenche d'autres, qui en déclenchent d'autres
04 Plus aucun acheteur sans acheteur en face, chaque vente doit accepter un prix plus bas
L'économie, et l'année
Le chômage, É.-U. 5,3 % avant : 6,0 % oct. 1987 → déc. 1988 · il a baissé après le krach
Récession, É.-U. aucune la suivante : juillet 1990
L'année 1987 complète +5,25 % rendement total, dividendes inclus

Après la pire séance de l'histoire, qu'est-il arrivé au chômage américain?

Une année positive peut cacher une traversée brutale — et une séance catastrophique ne dit rien de l'économie réelle. Le relevé annuel ne raconte jamais ce qui s'est passé entre les deux dates.

Mars 2000Bulle techno · 2000 – 2002
Deux camions de livraison portant le logo « webvan.com » stationnés côte à côte sur un terrain vide, hayons ouverts.
Des camions de Webvan à l'abandon. L'épicier en ligne valait plus de 4,8 milliards de dollars le jour de son entrée en Bourse, en novembre 1999 ; il a fermé en juillet 2001. Photo : Mark Coggins, « Webvan », 2005 — source · CC BY 2.0 · recadrée

Le bon pari, au mauvais prix

Internet allait vraiment changer le monde. C'est le prix payé pour y participer qui n'avait plus aucun sens.

Le placement, pendant la chute
Trois années négatives d'affilée — inédit depuis les années 1940. L'indice seul recule de 49,1 % sur la période.
01 Une vraie révolution Internet change réellement le monde. Jusque-là, tout va bien.
02 5 048 1 114 le Nasdaq, de mars 2000 à octobre 2002 : −78 %
03 L'argent facile se tarit les taux montent, les entreprises sans revenus font faillite
04 La confiance casse les scandales comptables (Enron, WorldCom) font douter des chiffres publiés
L'ampleur, et la durée
Le Nasdaq 1 114 pts avant : 5 048 pts mars 2000 → oct. 2002
Nasdaq, retour au sommet 15 ans jusqu'en avril 2015
Années négatives, S&P 500 3 2000, 2001, 2002

Combien de temps le Nasdaq a-t-il mis à retrouver son sommet de mars 2000?

Pour chaque jeune entreprise de l'époque devenue un géant, des centaines ont disparu sans laisser de trace. On ne sait laquelle était laquelle qu'après coup.

15 septembre 2008Crise financière · 2007 – 2009
Une tour de bureaux vitrée éclairée la nuit ; un bandeau lumineux sur sa façade affiche « SEP 15 ». Sur le trottoir, des journalistes et des caméras sont installés.
Le siège de Lehman Brothers le soir même du dépôt de bilan : le bandeau de la façade affiche « SEP 15 ». New York, 15 septembre 2008. Photo : Robert Scoble, « Lehman Brothers », 15 septembre 2008 — source · CC BY 2.0 · recadrée

Plus personne ne sait qui doit quoi

Des prêts impossibles à rembourser, découpés en morceaux et revendus au monde entier avec la meilleure cote de sécurité.

Le placement, pendant la chute
Le plus fort recul depuis 1945 (56,8 % pour l'indice seul). Il faudra jusqu'en mars 2013 pour retrouver le sommet : après 17 mois de chute, quatre années de remontée.
01 Des prêts notés « AAA » des hypothèques risquées emballées et vendues comme des placements sûrs
02 L'immobilier se retourne les défauts s'accumulent, la valeur de ces titres s'écroule
03 Le crédit gèle les banques cessent de se prêter entre elles — le crédit est le sang de l'économie
04 Lehman tombe la peur devient panique : on vend tout, même les entreprises solides
L'épargne, l'emploi, les maisons
La Caisse de dépôt −39,8 G$ le bas de laine des Québécois, −25 % en 2008 Québec
Emplois perdus, É.-U. 8,8 M janv. 2008 → févr. 2010
Les maisons, É.-U. −27 % avant : sommet 2006 au Canada, elles n'ont reculé que de 6 à 9 %

Pendant que les maisons américaines chutaient de 27 %, les maisons canadiennes ont…

Le rebond se mesure à partir du creux exact, connu seulement après coup. C'est ce que récupère celui qui n'a rien vendu, pas ce que gagne celui qui aurait « bien joué ».

23 mars 2020Pandémie · 33 jours
Une rue étroite bordée de gratte-ciel, vide de circulation et de piétons, sous un ciel dégagé.
Le quartier financier de Manhattan, vidé par le confinement. New York, 29 mars 2020. Photo : Billie Grace Ward, « Solitude », 29 mars 2020 — source · CC BY 2.0 · recadrée

33 jours

Pour la première fois, l'économie mondiale est mise sur pause volontairement. La chute la plus rapide jamais enregistrée.

Le placement, pendant la chute
33 jours de calendrier — soit 23 séances de bourse. Et le nouveau record est atteint dès le 18 août 2020.
01 L'économie s'arrête aucun modèle ne sait estimer les profits d'une économie fermée
02 On vend d'abord on réfléchit ensuite — c'est ce qui rend la chute si rapide
03 Soutien massif aide d'urgence aux ménages, taux ramenés près de zéro
04 La Bourse anticipe elle cote les profits de 12 à 24 mois plus tard, pas ceux d'aujourd'hui
L'emploi, le baril, l'aide
Le chômage canadien 13,7 % avant : 5,6 % févr. → mai 2020, record depuis 1976
Le baril de pétrole, É.-U. −37,63 $ avant : ~60 $ un prix négatif, le 20 avril 2020, en dollars américains
La PCU 8,9 M avant : 0 de Canadiens, ~82 G$ versés

Le 20 avril 2020, le baril de pétrole américain a clôturé à…

Aucune cloche n'annonce que « c'est correct de revenir ». En mars 2020, plusieurs des pires séances et des meilleures se sont suivies à quelques jours d'intervalle.

9 mai 2022Inflation et taux · 2022
Un panneau de station-service au bord d'une route enneigée affiche en chiffres lumineux « unleaded 3,99 » et « diesel 4,99 ».
Ordinaire à 3,99 $ US le gallon, trois semaines après l'invasion de l'Ukraine. Minneapolis, 13 mars 2022. Photo : Michael Hicks, « Speedway Gas Prices », 13 mars 2022 — source · CC BY 2.0 · recadrée

Le coussin qui n'amortit plus

Cette fois, les obligations — la portion prudente du portefeuille — tombent en même temps que les actions.

Le placement, pendant la chute
Actions et obligations reculent ensemble — un phénomène rare qui prive le portefeuille de son amortisseur habituel.
01 8,1 % l'inflation canadienne en juin 2022, sommet depuis 1983
02 0,25 % 5,00 % le taux directeur canadien en 16 mois — le resserrement le plus rapide en une génération
03 Le sûr rapporte enfin quand un placement sans risque donne 5 %, on paie moins cher une action
04 Les obligations tombent les anciennes, à 1 %, deviennent moins attrayantes : leur prix baisse
Le litre, et le panier
L'essence au Canada 2,07 $/L un an plus tôt : 1,34 $/L juin 2022 — le plus haut mois depuis le début de la série, en 1993
L'épicerie au Canada +11,4 % avant : 1 à 3 %/an sept. 2022, pire depuis 1981
Panier d'une famille de 4, au Canada 16 288 $ avant : 15 222 $ prévision pour 2023 : +1 066 $ sur l'année

En 2022, le prix moyen de l'essence au Canada a franchi pour la première fois…

Six crises, six causes différentes : le pétrole, des machines, l'euphorie, le crédit, un virus, l'inflation. Et il en restait une septième, que personne n'avait vue venir.

2 avril 2025Droits de douane · 2025
Vue aérienne d'un port : des milliers de conteneurs alignés en blocs le long des quais, des portiques de déchargement et un navire à quai.
Le port de conteneurs de Miami, photographié par le service des douanes américaines — l'organisme qui perçoit les droits d'entrée sur chaque cargaison. Photo : James R. Tourtellotte, U.S. Customs and Border Protection — source · domaine public (œuvre du gouvernement américain) · recadrée

Le pire et le meilleur, la même semaine

La pire séance en plus de cinq ans et la meilleure depuis 2008 sont séparées par trois jours de bourse.

Le placement, pendant la chute
Du sommet du 19 février au creux du 8 avril : 34 séances. Le 7 avril, l'indice descend jusqu'à −21 % en cours de journée, sans jamais clôturer sous ce seuil.
01 2 avril 2025 des droits de douane sont annoncés sur la quasi-totalité des partenaires commerciaux des États-Unis
02 17,4 % le taux de droits de douane moyen qui en résulte — le plus élevé depuis 1935
03 Chaque coût se recalcule une entreprise qui importe voit son prix de revient changer du jour au lendemain ; le marché révise aussitôt les profits qu'il attendait
04 9 avril +9,52 % une pause de 90 jours est annoncée : la meilleure séance du S&P 500 depuis 2008
Le passage, le droit, le coût
Les voyages aux États-Unis 29,1 M avant : 39,0 M voyages de retour en 2025 — 9,9 millions de moins qu'en 2024, soit −25,4 %
L'acier et l'aluminium québécois 50 % avant : 0 % le droit américain à l'entrée : 25 % le 12 mars 2025, puis 50 % le 4 juin
Le budget d'un ménage américain 2 300 $ le coût estimé, pour 2025, d'une hausse générale des prix de 1,7 %

Entre la pire séance de cette chute et la meilleure depuis 2008, il s'est écoulé…

Le 20 février 2026, la Cour suprême des États-Unis a jugé que la loi invoquée n'autorisait pas ces droits de douane. Le marché, lui, avait retrouvé son sommet huit mois plus tôt.

Août 2026L'arrivée

Rien évité. Tout traversé.

Les 10 000 $ de 1970 n'ont contourné aucune de ces sept crises. Ils les ont toutes subies, sans jamais bouger.

L'axe vient de se rouvrir sur les 56 années. Regardez où sont passées les sept tempêtes que vous venez de traverser.

10 000 $ US en 1970 · valeur au 5 août 2026

Soit environ de croissance moyenne par année. C'est une moyenne calculée après coup, pas un rythme régulier : la série contient des années à +37 % et d'autres à −37 %.

Ce que ce montant achète vraiment

Ces 4 millions sont en dollars d'aujourd'hui. Or les prix américains ont été multipliés par 8,9 depuis 1970 : il faut aujourd'hui 88 600 $ US pour acheter ce que 10 000 $ US achetaient alors.

Corrigé de cette inflation, le placement n'a donc pas été multiplié par 406, mais par 46 — et la croissance moyenne n'est pas de 11,2 % par année, mais de 7,0 %. C'est le chiffre honnête, et il reste considérable.

Le recul, et le délai

Le graphique dit la profondeur d'une crise d'un seul coup d'œil. Il dit mal sa durée — et c'est la durée qui s'écoule. Les voici toutes les sept, mesurées sur la courbe de cette page : du sommet abandonné jusqu'au jour où il est repassé.

Ces sept reculs ont tous fini par être effacés — tous, parce que la série de cette page se termine près d'un sommet : un recul encore en cours n'aurait pas de ligne ici.

Sept traversées : la crise, le recul, le délai, puis ce délai reporté sur une graduation de zéro à sept ans, identique à chaque ligne. Rendement total en dollars américains, dividendes réinvestis. Les noms de crise ramènent au chapitre correspondant.
Crise Recul Délai Le même délai, reporté sur une graduation de zéro à sept ans
janv. 1973 → oct. 1976 −44,5 %creux : oct. 1974 3,7 ans
août 1987 → juin 1989 −32,9 %creux : déc. 1987 1,8 an
mars 2000 → nov. 2006 −47,3 %creux : oct. 2002 6,6 ans
oct. 2007 → sept. 2012 −54,9 %creux : mars 2009 4,9 ans
févr. 2020 → août 2020 −33,8 %creux : mars 2020 6 mois
janv. 2022 → déc. 2023 −24,4 %creux : oct. 2022 1,9 an
févr. 2025 → juin 2025 −18,8 %creux : avr. 2025 4 mois

Dans cette série, « temporaire » a voulu dire près de sept ans une fois, et près de cinq une autre : six ans et sept mois après le sommet de mars 2000, quatre ans et onze mois après celui d'octobre 2007.

Mises bout à bout, les sept traversées font 19,8 ans : sur les 56 années de cette page, un peu plus d'une année sur trois s'est déroulée sous un sommet précédemment atteint. Être sous un sommet ne veut pas dire être en perte par rapport au point de départ : la plupart de ces années-là, la valeur restait très au-dessus des 10 000 $ de 1970. Et ce décompte ne retient que les sept crises racontées plus haut.

Ce délai est celui de la courbe, pas celui d'un portefeuille : il suppose qu'aucun retrait, aucun apport et aucune modification n'ont eu lieu entre les deux dates. Il mesure une durée écoulée ; il ne dit pas ce qu'il convenait de faire, ni ce qu'il conviendra de faire.

Sommets, creux et retours relevés sur la courbe de cette page — mensuelle, quotidienne pendant les crises. Ces reculs sont ceux de la courbe, dividendes réinvestis ; les chapitres, eux, citent aussi l'indice seul — c'est pourquoi 2008 apparaît à −56,8 % dans son chapitre et à −54,9 % ici, et pourquoi 1973-74 met 7,5 ans à s'effacer sur l'indice seul, contre 3,7 ans sur cette courbe. Les deux traversées de moins d'un an sont écrites en mois et reportées sur la même graduation. Calculs de Groupe Financier Ste-Foy à partir de la série citée à la fiche 7 (États-Unis, dollars américains, mesure — non prévision).

Illustration hypothétique, à titre éducatif seulement. Aucun portefeuille réel n'aurait suivi ce parcours, et les rendements passés ne sont garants de rien.

Sur le graphique terminé, chaque crise n'est qu'un creux. Vécue de l'intérieur, chacune semblait sans issue. La différence, c'est le temps.

Ce qu'on en retient

Trois leçons, un relevé, et une réserve

01

Les crises font partie du parcours

Sept crises majeures en 56 ans — une tous les huit ans, en moyenne. Celui qui s'y attend ne confond pas une vague avec un naufrage.

02

Le rebond ne s'annonce pas

Dans cette série, les meilleurs moments arrivent collés sur les pires, quand les nouvelles sont encore mauvaises. Sortir « le temps que ça se calme » revient à les manquer.

03

Ce sont les années qui ont compté

Sur cette période, c'est la durée d'exposition — et non la capacité à prévoir les crises — qui explique le résultat. Le comportement se contrôle ; la conjoncture, non.

La durée, et le rendement annuel

Une objection tient debout devant cette courbe : personne n'a nécessairement cinquante-six ans devant lui. Voici donc le même parcours découpé autrement. Toutes les périodes de dix, de vingt et de trente années civiles complètes que contiennent ces 56 ans sont relevées ci-dessous — cent onze en tout, et aucune n'a été écartée. Chaque ligne commence par le résultat du départ le plus défavorable de la période relevée.

Fenêtres glissantes sur années civiles complètes : 1970-1979, 1971-1980, et ainsi de suite jusqu'à 2016-2025.

Cent onze fenêtres : 47 de dix ans, 37 de vingt ans, 27 de trente ans. Pour chacune des trois durées — le départ le plus défavorable, la médiane, le départ le plus favorable, puis le décompte des périodes terminées en perte. Rendements totaux annualisés, en dollars américains. Les années ramènent au chapitre correspondant.
Fenêtre Départ le plus défavorable Médiane Départ le plus favorable
10 ans 47 périodes −1,38 %/an départ — soit −13 % au bout des dix ans 12,94 %/an 19,21 %/an départ
2 des 47 périodes se sont terminées en perte : celles commencées en et en .
20 ans 37 périodes 5,62 %/an départ 11,17 %/an 17,88 %/an départ
Aucune des 37 ne s'est terminée en perte, dans cette série — et le pire départ y reste le même qu'à dix ans : .
30 ans 27 périodes 9,65 %/an départ 10,92 %/an 13,75 %/an départ
Aucune des 27 ne s'est terminée en perte, dans cette série. La plus faible, partie en , contenait 2000-2002, 2008 et 2022.

Ces fenêtres se chevauchent presque toutes : 37 périodes de vingt ans découpées dans 56 années partagent l'essentiel de leurs années. Ce ne sont pas 37 expériences séparées, mais 37 façons de découper une seule histoire — un seul indice, une seule période, et il n'y en a pas d'autre ici.

Les trois médianes se lisent enfin d'elles-mêmes : 12,94 %, 11,17 % et 10,92 % par année. Elles ne montent pas quand la fenêtre s'allonge — elles descendent un peu. Sur ces cent onze fenêtres, ce qui varie avec la durée n'est pas le centre, mais l'écart entre les extrêmes. C'est ce qu'on observe ici ; ce n'est pas une propriété qu'on puisse tenir pour acquise ailleurs ou plus tard.

« Aucune période en perte » est donc un relevé, pas une règle. Ce relevé porte sur des périodes terminées : qu'aucune période de vingt ans n'ait été perdante ici n'empêche en rien la prochaine de l'être, et rien n'assure que la prochaine ressemblera à ces trente-sept-là. La réserve ci-dessous ajoute la seconde limite, celle du marché choisi.

Fenêtres glissantes sur années civiles complètes, de 1970 à 2025 ; l'année 2026, en cours, est exclue. Rendements totaux annualisés de l'indice S&P 500, dividendes réinvestis, en dollars américains, avant frais, avant impôts, avant inflation et avant conversion en dollars canadiens. Les taux ci-dessus sont nominaux : la section précédente montre l'écart entre un rendement nominal et le même rendement une fois les prix pris en compte — 11,2 % nominal y devient 7,0 % réel. Calculs de Groupe Financier Ste-Foy à partir de la série citée à la fiche 7 (États-Unis, dollars américains, mesure — non prévision).

La réserve honnête — elle change la conclusion

Nous avons suivi le marché américain, l'un des plus performants du dernier siècle. Ce choix n'est pas neutre : il donne au récit « tout finit par remonter » une allure de loi universelle qu'il n'a pas. Le Nasdaq a mis environ 15 ans à retrouver son sommet de 2000 ; l'indice japonais Nikkei, 34 ans à retrouver celui de 1989.

Ce que cette page montre n'est donc pas que « les actions montent toujours », mais quelque chose de plus étroit : sur cette période et sur ce marché, les reculs ont été temporaires et les ventes de panique, coûteuses. Ce qu'il convient d'en tirer pour une situation particulière relève d'une discussion avec un conseiller.

La méthode

Comment ce chiffre a été bâti

Ce qui est mesuré, avec quelles règles, et sur quelle échelle. Cliquez pour le détail.

Transparence

D'où viennent ces chiffres

Chaque donnée de cette page provient d'une des sources ci-dessous. Les exposants numérotés y renvoient.

Précautions de lecture

  • Deux mesures cohabitent. Les rendements annuels sont des rendements totaux (dividendes réinvestis) ; les reculs « du sommet au creux » sont mesurés sur l'indice de prix, en cours de clôture. Les deux ne se déduisent pas l'un de l'autre.
  • Un seul indice de référence : le S&P 500. Deux exceptions, signalées dans le texte — le −78 % de 2000-2002 est celui du Nasdaq, et le fameux −22,6 % du 19 octobre 1987 est celui du Dow Jones. Le S&P 500, lui, a perdu 20,47 % ce jour-là.
  • Les durées sont en jours de calendrier, pas en séances de bourse : les 33 jours de 2020 correspondent à 23 séances.
  • Les creux tracés à l'intérieur d'une année sont placés à leur date réelle, mais leur profondeur est approximée à partir de la série annuelle.

Crédits photo

  • Chaque photo porte son crédit complet, sa licence et un lien vers sa page d'origine sous l'image.
  • 1973-74, 1987 et 2025 : domaine public et CC0 — aucune condition.
  • 2000-2002, 2008, 2020 et 2022 : CC BY 2.0 — attribution obligatoire, fournie sous chaque image.
  • 1973-74 — David Falconer, « Oregon's odd-even plan… », programme DOCUMERICA de l'U.S. EPA, National Archives — domaine public, recadrée.
  • 1987 — Bart Molendijk (Anefo), « Effectenbeurs Amsterdam na koersval », 21 octobre 1987, Nationaal Archief — CC0, recadrée.
  • 2000-2002 — Mark Coggins, « Webvan », 2005 — CC BY 2.0, recadrée.
  • 2008 — Robert Scoble, « Lehman Brothers », 15 septembre 2008 — CC BY 2.0, recadrée.
  • 2020 — Billie Grace Ward, « Solitude », 29 mars 2020 — CC BY 2.0, recadrée.
  • 2022 — Michael Hicks, « Speedway Gas Prices », 13 mars 2022 — CC BY 2.0, recadrée.
  • 2025 — James R. Tourtellotte, U.S. Customs and Border Protection — domaine public (œuvre d'un employé fédéral américain), recadrée.

Vérification. La série de rendements a été confrontée année par année à l'indice officiel et à des reproductions publiques indépendantes : voir la fiche 7 pour le détail et pour ce qui reste à trancher. Chaque autre chiffre porte sa source.

Version 1.0 — 11 août 2026 · données arrêtées au 5 août 2026

Il y aura d'autres tempêtes.

On ne sait ni quand, ni d'où elles viendront. Notre travail : bâtir avec vous un plan qui en tient compte, et en discuter quand elles surviennent — avant que les décisions se prennent dans l'urgence.

À titre informatif et éducatif seulement. Ce contenu ne constitue pas un conseil en placement, ni une recommandation d'acheter, de vendre ou de conserver un titre, ni une incitation à adopter une stratégie. Les rendements passés ne sont pas garants des rendements futurs. Illustrations fondées sur la série du rendement total de l'indice S&P 500 (dividendes réinvestis, en dollars américains), avant frais, impôts, conversion de devise et inflation. Il est impossible d'investir directement dans un indice.