Sept tempêtes.Une seule courbe.
Cinquante-six ans de marchés, crise par crise. Touchez une année pour y aller directement — ou descendez, et l'histoire se raconte d'elle-même.
À titre informatif et éducatif seulement. Cette page ne constitue pas un conseil en placement, ni une recommandation d'acheter, de vendre ou de conserver un titre, ni une incitation à adopter une stratégie. Les rendements passés ne sont pas garants des rendements futurs. Illustration hypothétique fondée sur la série du rendement total de l'indice S&P 500 (dividendes réinvestis, en dollars américains), avant frais, impôts, conversion de devise et inflation — l'effet de cette dernière est chiffré sous le montant final. Il est impossible d'investir directement dans un indice, et aucun portefeuille réel n'aurait suivi ce parcours.
Les 57 années en tableau
* 2026 est une année en cours : le rendement va du 31 décembre 2025 au 31 juillet 2026, et la valeur est celle du 5 août 2026.
| Année | Rendement | Valeur |
|---|
Le baril quadruple
Un embargo pétrolier, des prix qui s'emballent, une économie qui cale. Un mot entre alors dans le vocabulaire courant : la stagflation.
Combien de temps avant que l'indice — sans les dividendes — retrouve son sommet de janvier 1973 ?
7,5 ans, jusqu'en juillet 1980. Les deux fortes années qui suivent (+37 % en 1975, +24 % en 1976) ne suffisent pas : il faut toute la fin de la décennie. La courbe de cette page, dividendes réinvestis, repasse son sommet dès l'automne 1976.
Une chute de 48 %, ce n'est pas de l'argent qui disparaît. Les parts d'entreprises, elles, n'ont pas changé de mains ; seul a changé le prix qu'on en offre aujourd'hui. Vendre, c'est accepter ce prix-là.
Le jour où rien n'est arrivé
Ni guerre, ni récession, ni faillite. Un cinquième du marché s'évapore quand même, en une seule séance.
Après la pire séance de l'histoire, qu'est-il arrivé au chômage américain?
Il a baissé : 6,0 % en octobre 1987 → 5,3 % en décembre 1988, et aucune récession avant juillet 1990. La panique était boursière, pas économique. C'est la leçon de 1987.
Une année positive peut cacher une traversée brutale — et une séance catastrophique ne dit rien de l'économie réelle. Le relevé annuel ne raconte jamais ce qui s'est passé entre les deux dates.
Le bon pari, au mauvais prix
Internet allait vraiment changer le monde. C'est le prix payé pour y participer qui n'avait plus aucun sens.
Combien de temps le Nasdaq a-t-il mis à retrouver son sommet de mars 2000?
Quinze ans, jusqu'en avril 2015 — et davantage encore en pouvoir d'achat. C'est le contre-exemple qui interdit de dire « ça remonte toujours, et vite ».
Pour chaque jeune entreprise de l'époque devenue un géant, des centaines ont disparu sans laisser de trace. On ne sait laquelle était laquelle qu'après coup.
Plus personne ne sait qui doit quoi
Des prêts impossibles à rembourser, découpés en morceaux et revendus au monde entier avec la meilleure cote de sécurité.
Pendant que les maisons américaines chutaient de 27 %, les maisons canadiennes ont…
À peine reculé : environ −6 à −9 % sur huit mois, puis reprise complète dès 2009. Le marché hypothécaire canadien n'avait pas les mêmes excès. Même crise mondiale, impacts très différents selon où l'on vit.
Le rebond se mesure à partir du creux exact, connu seulement après coup. C'est ce que récupère celui qui n'a rien vendu, pas ce que gagne celui qui aurait « bien joué ».
33 jours
Pour la première fois, l'économie mondiale est mise sur pause volontairement. La chute la plus rapide jamais enregistrée.
Le 20 avril 2020, le baril de pétrole américain a clôturé à…
−37,63 $ — un prix négatif, une première dans l'histoire. Les réservoirs de Cushing étaient presque pleins : les vendeurs payaient pour qu'on leur prenne leur pétrole.
Aucune cloche n'annonce que « c'est correct de revenir ». En mars 2020, plusieurs des pires séances et des meilleures se sont suivies à quelques jours d'intervalle.
Le coussin qui n'amortit plus
Cette fois, les obligations — la portion prudente du portefeuille — tombent en même temps que les actions.
En 2022, le prix moyen de l'essence au Canada a franchi pour la première fois…
2,00 $ — la moyenne canadienne atteint 207,2 ¢ le litre en juin 2022, contre 133,7 ¢ un an plus tôt : +55 % en douze mois. C'est le mois le plus cher de toute la série de Statistique Canada, qui remonte à 1993.
Six crises, six causes différentes : le pétrole, des machines, l'euphorie, le crédit, un virus, l'inflation. Et il en restait une septième, que personne n'avait vue venir.
Le pire et le meilleur, la même semaine
La pire séance en plus de cinq ans et la meilleure depuis 2008 sont séparées par trois jours de bourse.
Entre la pire séance de cette chute et la meilleure depuis 2008, il s'est écoulé…
Trois séances. Le 4 avril 2025, le S&P 500 perd 5,97 % — sa pire journée depuis mars 2020. Le 9 avril, il gagne 9,52 %. Vendre entre les deux, c'était encaisser toute la baisse et manquer toute la reprise.
Le 20 février 2026, la Cour suprême des États-Unis a jugé que la loi invoquée n'autorisait pas ces droits de douane. Le marché, lui, avait retrouvé son sommet huit mois plus tôt.
Rien évité. Tout traversé.
Les 10 000 $ de 1970 n'ont contourné aucune de ces sept crises. Ils les ont toutes subies, sans jamais bouger.
L'axe vient de se rouvrir sur les 56 années. Regardez où sont passées les sept tempêtes que vous venez de traverser.
Soit environ — de croissance moyenne par année. C'est une moyenne calculée après coup, pas un rythme régulier : la série contient des années à +37 % et d'autres à −37 %.
Ce que ce montant achète vraiment
Ces 4 millions sont en dollars d'aujourd'hui. Or les prix américains ont été multipliés par 8,9 depuis 1970 : il faut aujourd'hui 88 600 $ US pour acheter ce que 10 000 $ US achetaient alors.
Corrigé de cette inflation, le placement n'a donc pas été multiplié par 406, mais par 46 — et la croissance moyenne n'est pas de 11,2 % par année, mais de 7,0 %. C'est le chiffre honnête, et il reste considérable.
Le recul, et le délai
Le graphique dit la profondeur d'une crise d'un seul coup d'œil. Il dit mal sa durée — et c'est la durée qui s'écoule. Les voici toutes les sept, mesurées sur la courbe de cette page : du sommet abandonné jusqu'au jour où il est repassé.
Ces sept reculs ont tous fini par être effacés — tous, parce que la série de cette page se termine près d'un sommet : un recul encore en cours n'aurait pas de ligne ici.
| Crise | Recul | Délai | Le même délai, reporté sur une graduation de zéro à sept ans |
|---|---|---|---|
| janv. 1973 → oct. 1976 | −44,5 %creux : oct. 1974 | 3,7 ans | |
| août 1987 → juin 1989 | −32,9 %creux : déc. 1987 | 1,8 an | |
| mars 2000 → nov. 2006 | −47,3 %creux : oct. 2002 | 6,6 ans | |
| oct. 2007 → sept. 2012 | −54,9 %creux : mars 2009 | 4,9 ans | |
| févr. 2020 → août 2020 | −33,8 %creux : mars 2020 | 6 mois | |
| janv. 2022 → déc. 2023 | −24,4 %creux : oct. 2022 | 1,9 an | |
| févr. 2025 → juin 2025 | −18,8 %creux : avr. 2025 | 4 mois |
Dans cette série, « temporaire » a voulu dire près de sept ans une fois, et près de cinq une autre : six ans et sept mois après le sommet de mars 2000, quatre ans et onze mois après celui d'octobre 2007.
Mises bout à bout, les sept traversées font 19,8 ans : sur les 56 années de cette page, un peu plus d'une année sur trois s'est déroulée sous un sommet précédemment atteint. Être sous un sommet ne veut pas dire être en perte par rapport au point de départ : la plupart de ces années-là, la valeur restait très au-dessus des 10 000 $ de 1970. Et ce décompte ne retient que les sept crises racontées plus haut.
Ce délai est celui de la courbe, pas celui d'un portefeuille : il suppose qu'aucun retrait, aucun apport et aucune modification n'ont eu lieu entre les deux dates. Il mesure une durée écoulée ; il ne dit pas ce qu'il convenait de faire, ni ce qu'il conviendra de faire.
Sommets, creux et retours relevés sur la courbe de cette page — mensuelle, quotidienne pendant les crises. Ces reculs sont ceux de la courbe, dividendes réinvestis ; les chapitres, eux, citent aussi l'indice seul — c'est pourquoi 2008 apparaît à −56,8 % dans son chapitre et à −54,9 % ici, et pourquoi 1973-74 met 7,5 ans à s'effacer sur l'indice seul, contre 3,7 ans sur cette courbe. Les deux traversées de moins d'un an sont écrites en mois et reportées sur la même graduation. Calculs de Groupe Financier Ste-Foy à partir de la série citée à la fiche 7 (États-Unis, dollars américains, mesure — non prévision).
Illustration hypothétique, à titre éducatif seulement. Aucun portefeuille réel n'aurait suivi ce parcours, et les rendements passés ne sont garants de rien.
Sur le graphique terminé, chaque crise n'est qu'un creux. Vécue de l'intérieur, chacune semblait sans issue. La différence, c'est le temps.
Trois leçons, un relevé, et une réserve
Les crises font partie du parcours
Sept crises majeures en 56 ans — une tous les huit ans, en moyenne. Celui qui s'y attend ne confond pas une vague avec un naufrage.
Le rebond ne s'annonce pas
Dans cette série, les meilleurs moments arrivent collés sur les pires, quand les nouvelles sont encore mauvaises. Sortir « le temps que ça se calme » revient à les manquer.
Ce sont les années qui ont compté
Sur cette période, c'est la durée d'exposition — et non la capacité à prévoir les crises — qui explique le résultat. Le comportement se contrôle ; la conjoncture, non.
La durée, et le rendement annuel
Une objection tient debout devant cette courbe : personne n'a nécessairement cinquante-six ans devant lui. Voici donc le même parcours découpé autrement. Toutes les périodes de dix, de vingt et de trente années civiles complètes que contiennent ces 56 ans sont relevées ci-dessous — cent onze en tout, et aucune n'a été écartée. Chaque ligne commence par le résultat du départ le plus défavorable de la période relevée.
Fenêtres glissantes sur années civiles complètes : 1970-1979, 1971-1980, et ainsi de suite jusqu'à 2016-2025.
| Fenêtre | Départ le plus défavorable | Médiane | Départ le plus favorable |
|---|---|---|---|
| 10 ans 47 périodes | −1,38 %/an départ — soit −13 % au bout des dix ans | 12,94 %/an | 19,21 %/an départ |
| 2 des 47 périodes se sont terminées en perte : celles commencées en et en . | |||
| 20 ans 37 périodes | 5,62 %/an départ | 11,17 %/an | 17,88 %/an départ |
| Aucune des 37 ne s'est terminée en perte, dans cette série — et le pire départ y reste le même qu'à dix ans : . | |||
| 30 ans 27 périodes | 9,65 %/an départ | 10,92 %/an | 13,75 %/an départ |
| Aucune des 27 ne s'est terminée en perte, dans cette série. La plus faible, partie en , contenait 2000-2002, 2008 et 2022. | |||
Ces fenêtres se chevauchent presque toutes : 37 périodes de vingt ans découpées dans 56 années partagent l'essentiel de leurs années. Ce ne sont pas 37 expériences séparées, mais 37 façons de découper une seule histoire — un seul indice, une seule période, et il n'y en a pas d'autre ici.
Les trois médianes se lisent enfin d'elles-mêmes : 12,94 %, 11,17 % et 10,92 % par année. Elles ne montent pas quand la fenêtre s'allonge — elles descendent un peu. Sur ces cent onze fenêtres, ce qui varie avec la durée n'est pas le centre, mais l'écart entre les extrêmes. C'est ce qu'on observe ici ; ce n'est pas une propriété qu'on puisse tenir pour acquise ailleurs ou plus tard.
« Aucune période en perte » est donc un relevé, pas une règle. Ce relevé porte sur des périodes terminées : qu'aucune période de vingt ans n'ait été perdante ici n'empêche en rien la prochaine de l'être, et rien n'assure que la prochaine ressemblera à ces trente-sept-là. La réserve ci-dessous ajoute la seconde limite, celle du marché choisi.
Fenêtres glissantes sur années civiles complètes, de 1970 à 2025 ; l'année 2026, en cours, est exclue. Rendements totaux annualisés de l'indice S&P 500, dividendes réinvestis, en dollars américains, avant frais, avant impôts, avant inflation et avant conversion en dollars canadiens. Les taux ci-dessus sont nominaux : la section précédente montre l'écart entre un rendement nominal et le même rendement une fois les prix pris en compte — 11,2 % nominal y devient 7,0 % réel. Calculs de Groupe Financier Ste-Foy à partir de la série citée à la fiche 7 (États-Unis, dollars américains, mesure — non prévision).
La réserve honnête — elle change la conclusion
Nous avons suivi le marché américain, l'un des plus performants du dernier siècle. Ce choix n'est pas neutre : il donne au récit « tout finit par remonter » une allure de loi universelle qu'il n'a pas. Le Nasdaq a mis environ 15 ans à retrouver son sommet de 2000 ; l'indice japonais Nikkei, 34 ans à retrouver celui de 1989.
Ce que cette page montre n'est donc pas que « les actions montent toujours », mais quelque chose de plus étroit : sur cette période et sur ce marché, les reculs ont été temporaires et les ventes de panique, coûteuses. Ce qu'il convient d'en tirer pour une situation particulière relève d'une discussion avec un conseiller.
Comment ce chiffre a été bâti
Ce qui est mesuré, avec quelles règles, et sur quelle échelle. Cliquez pour le détail.
D'où viennent ces chiffres
Chaque donnée de cette page provient d'une des sources ci-dessous. Les exposants numérotés y renvoient.
Précautions de lecture
- Deux mesures cohabitent. Les rendements annuels sont des rendements totaux (dividendes réinvestis) ; les reculs « du sommet au creux » sont mesurés sur l'indice de prix, en cours de clôture. Les deux ne se déduisent pas l'un de l'autre.
- Un seul indice de référence : le S&P 500. Deux exceptions, signalées dans le texte — le −78 % de 2000-2002 est celui du Nasdaq, et le fameux −22,6 % du 19 octobre 1987 est celui du Dow Jones. Le S&P 500, lui, a perdu 20,47 % ce jour-là.
- Les durées sont en jours de calendrier, pas en séances de bourse : les 33 jours de 2020 correspondent à 23 séances.
- Les creux tracés à l'intérieur d'une année sont placés à leur date réelle, mais leur profondeur est approximée à partir de la série annuelle.
Crédits photo
- Chaque photo porte son crédit complet, sa licence et un lien vers sa page d'origine sous l'image.
- 1973-74, 1987 et 2025 : domaine public et CC0 — aucune condition.
- 2000-2002, 2008, 2020 et 2022 : CC BY 2.0 — attribution obligatoire, fournie sous chaque image.
- 1973-74 — David Falconer, « Oregon's odd-even plan… », programme DOCUMERICA de l'U.S. EPA, National Archives — domaine public, recadrée.
- 1987 — Bart Molendijk (Anefo), « Effectenbeurs Amsterdam na koersval », 21 octobre 1987, Nationaal Archief — CC0, recadrée.
- 2000-2002 — Mark Coggins, « Webvan », 2005 — CC BY 2.0, recadrée.
- 2008 — Robert Scoble, « Lehman Brothers », 15 septembre 2008 — CC BY 2.0, recadrée.
- 2020 — Billie Grace Ward, « Solitude », 29 mars 2020 — CC BY 2.0, recadrée.
- 2022 — Michael Hicks, « Speedway Gas Prices », 13 mars 2022 — CC BY 2.0, recadrée.
- 2025 — James R. Tourtellotte, U.S. Customs and Border Protection — domaine public (œuvre d'un employé fédéral américain), recadrée.
Vérification. La série de rendements a été confrontée année par année à l'indice officiel et à des reproductions publiques indépendantes : voir la fiche 7 pour le détail et pour ce qui reste à trancher. Chaque autre chiffre porte sa source.
Version 1.0 — 11 août 2026 · données arrêtées au 5 août 2026
Il y aura d'autres tempêtes.
On ne sait ni quand, ni d'où elles viendront. Notre travail : bâtir avec vous un plan qui en tient compte, et en discuter quand elles surviennent — avant que les décisions se prennent dans l'urgence.
À titre informatif et éducatif seulement. Ce contenu ne constitue pas un conseil en placement, ni une recommandation d'acheter, de vendre ou de conserver un titre, ni une incitation à adopter une stratégie. Les rendements passés ne sont pas garants des rendements futurs. Illustrations fondées sur la série du rendement total de l'indice S&P 500 (dividendes réinvestis, en dollars américains), avant frais, impôts, conversion de devise et inflation. Il est impossible d'investir directement dans un indice.